Les autorités australiennes multiplient les alertes et mesures de surveillance face à la progression du virus H5 du groupe de la grippe aviaire, qui a gagné l’essentiel du pays en l’espace de quelques semaines. Tandis que Les Nouvelles Calédoniennes relaie la confirmation d’un premier manchot pygmée trouvé mort à Phillip Island, dans l’État de Victoria, NC la 1ère note l’appel lancé par le gouvernement du Territoire du Nord à la population pour repérer et signaler tout signe de la maladie.
Un premier décès chez un manchot et des opérations ciblées
Selon Le Courrier australien, repris par Les Nouvelles Calédoniennes, les services de conservation ont établi qu’un manchot pygmée est mort des suites d’une infection par le virus H5 sur Phillip Island. Face au risque pour les colonies locales — l’île abriterait environ 40 000 manchots pygmées et attire près d’un demi‑million de visiteurs chaque année lors du défilé nocturne — des équipes ont lancé une campagne de protection qui inclut, pour la première fois en Australie, une vaccination ciblée des oiseaux sur Phillip Island et à St Kilda, à Melbourne. Les responsables insistent toutefois pour dire que la vaccination ne constitue qu’un volet d’une réponse d’urgence plus large : renforcement des mesures de biosécurité, protection des habitats et consignes sanitaires adressées aux visiteurs.
Le Territoire du Nord mobilise « des yeux partout »
NC la 1ère, s’appuyant sur des informations d’ABC News, rapporte que le Territoire du Nord, encore indemne au 16 août, se prépare à l’arrivée qualifiée « d’inévitable » du virus. Les services territoriaux estiment que la situation revêt une ampleur nationale ; le virus se serait déjà propagé dans les six États du pays en moins de deux mois. Le Territoire du Nord compte quelque 450 espèces d’oiseaux, dont 37 sont classées menacées, ce qui motive un plan de vigilance large.
Les autorités demandent aux éleveurs de volailles de basse‑cour et aux particuliers possédant des oiseaux de renforcer la protection de leurs animaux — clôtures, couvertures partielles des enclos, protection des aliments et des points d’eau —, rappellent la vétérinaire en chef Sue Fitzpatrick (ABC). Les services vont prélever des échantillons de fientes et d’eau dans les zones d’attroupement d’oiseaux, notamment le littoral du Top End et les lacs de Barkly, afin de détecter d’éventuelles contaminations.
Surveillance citoyenne et limites des réponses
Pour pallier l’immensité du territoire et le manque de personnel permanent, le gouvernement des Territoires du Nord mise sur les ornithologues amateurs, les communautés autochtones et les programmes de gardes forestiers, qui constituent « des personnes présentes partout », selon Graeme Sawyer de Biodiversity Watch NT (ABC). En revanche, la vaccination à grande échelle des oiseaux indigènes n’est pas envisagée dans le Territoire du Nord : ces espèces sont dispersées sur de vastes zones et difficiles à capturer, explique Tony Griffiths (ABC).